À Pékin, le quatorzième sommet des Brics s’ouvre sur fond de crises mondiales

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Le quatorzième sommet des Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) se tient aujourd’hui à Pékin. Les Brics, c’est 42 % de la population et un quart du PIB mondial. Le mot d’ordre de ce forum, c’est la coopération et l’ouverture économique pour lutter contre les crises, notamment la crise alimentaire.

Avec notre correspondant à Pékin, Stéphane Lagarde

Il est difficile de savoir avec précision ce qui se passe sur les écrans derrière les murs de Dioyutai, la résidence des dirigeants étrangers ici à Pékin. Selon le Conseil chinois pour la promotion des échanges internationaux (CCPIT), 1 000 participants doivent assister, en ligne ou en présentiel, au cinq séminaires prévus pendant l’événement : du système multilatéral, reprise économique, partage des technologies, lutte contre les épidémies, développement durable, avec en toile de fond cette question de la sortie de crise.

Contre G7 et amitié sino-russe

« Les gens s’inquiètent de voir l’économie mondiale tomber dans le bourbier des crises », disait hier le président chinois dans son discours préliminaire. Les Brics, comme moyen de relancer l’économie mondiale, c’est le message martelé ici alors que la Chine et surtout la Russie veulent s’opposer à une contre-narration « positive » aux sanctions du G7, voir un autre modèle à proposer aux pays en développements que celui des États-Unis et de leur « petite clique », selon les termes employés par la diplomatie chinoise.

Moscou a déployé les grands moyens en termes de communication. La plupart des points d’informations affichés sur le site des Brics ce jeudi matin concernent des projets sino-russes, dont l’effort conjoint de préservation du Tigre de Sibérie et de son environnement, l’extension d’une ligne ferroviaire Chine – Russie, etc.

Sécurité alimentaire et élargissement

« Les touristes des pays des Brics ont représentés 65% des arrivées en Afrique du Sud en 2018 », rappelle Cyril Ramaphosa. Le président sud-africain insiste sur la « coopération en matière de sécurité alimentaire (…) alors que les inquiétudes grandissent suites au Covid-19, au conflit en Ukraine et aux effets croissants du changement climatique. »

Les ministres de l’Agriculture des Brics ont adopté une stratégie sur le sujet le mois dernier. Dans le contexte des pénuries alimentaires liées à l’invasion de l’Ukraine par la Russie, d’autres voudraient rejoindre le club. L’Égypte, les Émirats arabes unis et d’autres pays ont annoncé leur participation au sommet.

Le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi évoquait il ya peu l’idée ” d’un élargissement à des pays comme l’Argentine ou le Pakistan. La Chine a invité le Kazakhstan, l’Arabie saoudite, l’Argentine, l’Égypte, l’Indonésie, le Nigeria, le Sénégal, les Émirats arabes unis et la Thaïlande à rejoindre le dialogue Brics », indique sur Twitter le représentant permanent de la Chine auprès des Nations Unies.


La Russie se tourne vers les BRICS

Vladimir Poutine a prôné mercredi un renforcement des liens entre pays des Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), sur fond de sanctions occidentales sans précédent frappant l’économie russe en raison du conflit ukrainien.

« Les partenaires respectent les principes de base de l’économie de marché, du libre-échange et de l’inviolabilité de la propriété privée. Ils conduisent des politiques macroéconomiques essentiellement irresponsables. Parallèlement, de nouvelles sanctions à motivation politique sont réduites. Il y a une rupture volontaire des liens de coopération. Les chaînes de transport et de logistique s’effondrent. Tout cela est contraire au bon sens et à la logique économique la plus élémentaire, et se fait au détriment des intérêts commerciaux mondiaux, et affecte négativement le bien-être de la population dans globalement tous les pays », estime le président russe.

« Nous avons activé nos contacts avec les entreprises des pays Brics. Des négociations sont en cours pour ouvrir des chaînes de magasins indiens en Russie, pour augmenter la part des voitures, des équipements et des machines chinoises sur notre marché. La présence russe dans ses pays s’étend également. Les volumes de livraisons de pétrole russe à la Chine et à l’Inde augmentent. La coopération dans le domaine de l’agriculture se développe. La Russie exporte dans leur direction des volumes d’engrais importants. »

►À lire aussi : Guerre en Ukraine : vers une médiation sud-africaine ?

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