Au salon aéronautique de Berlin, le chalet dédié au SCAF fait l’impasse sur Dassault, Thales et Indra

Lors de l’édition 2018 du salon aéronautique international de Berlin [ILA]la France et l’Allemagne signèrent la Fiche d’expression des besoins [ou HLCORD – High level command operations requirements document] concernant le Système de combat aérien du futur [SCAF]programme qu’elles avaient lancé un plus tôt.

Dans le même temps, et selon le principe dit du « meilleur athlète », Dassault Aviation et Airbus trouvèrent un accord de principe concernant leur coopération à venir pour le développement du futur avion de combat [NGF, New Generation Fighter], dont la maîtrise d’oeuvre devait revenir au constructeur du Rafale. Et, pour les moteurs, le français Safran et l’allemand MTU en feu de même.

Par la suite, une maquette à l’échelle du NGF fut dévoilée en juin 2019, lors du salon de l’aéronautique et de l’espace du Bourget et l’Espagne fut acceptée au sein de ce programme, pour laquelle elle désigna, au dépens de la filiale espagnole d’Airbus, le groupe d’électronique de défense Indra comme coordinateur des activités des industriels espagnols pressentis pour y participer. Puis, après quelques tensions entre Paris et Berlin, Safran et MTU se mirent d’accord pour créer une entreprise commune, appelée EUMET EUMET GmbH et dont le siège devait alors être établi à Munich.

Cependant, et après maints rebondissements, le SCAF est actuellement bloqué à la phase 1B, en raison d’une mésentente entre Dassault Aviation et Airbus sur le NGF, qui est le pilier n°1 du programme. Pour résumer, l’industriel français veut garder les manettes lui permettant d’assurer la maîtrise d’oeuvre, ce que lui conteste son partenaire désigné.

Quoi qu’il en soit, après une éclipse de quatre ans due à la pandémie de covid-19, le salon aéronautique de Berlin a pu de nouveau se tenir cette année. Et, évidemment, il ne pouvait pas faire l’impasse sur le SCAF [ou FCAS]. Un chalet dédié à ce programme européen a donc été ouvert, avec, sur l’une de ses façades, une illustration de ce programme, avec une mention des industriels impliqués.

Communication maladroite ? Ou faut-il y voir autre chose ? Toujours est-il que ni Dassault Aviation, ni Thales et encore Indra n’y conçoivent… En revanche, cette illustration met en avant Airbus, EUMET [avec Safran et MTU]MBDA [partenaire d’Airbus pour les effecteurs connectés, ndlr] ainsi que le consortium FCMS, qui réunit Hensoldt, Diehl Defence, ESG et Rohde & Schwarz.

En outre, le profil censé désigner le NGF n’est pas le même que celui dévoilé lors de l’édition 2019 du salon du Bourget [et qui est repris, depuis, par la communication du ministère des Armées]. Et pour cause : c’est celui qui avait été présenté pour le projet NGWS [Next Generation Weapon System]que Berlin avait manifesté en 2016 pour remplacer les PANAVIA Tornado [voir illustration de l’article, ndlr].

Quoi qu’il en soit, ces « oublis » n’ont pas échappé à Dominic Perry, le rédacteur en chef adjoint du magazine spécialisé américain Flight Global. « Hmm, n’y avait-il pas un autre partenaire sur le FCAS, Dassault Aviation ? », at-il interpellé sur Twitter.

Cela étant, le site du salon ILA explique que la raison d’être de ce chalet dédié à la SCAF est de souligner l’implication de l’industrie allemande.

« Avec le NGWS, pour la première fois, un système d’arme est développé comme un système de systèmes dès le départ. L’association du NGF, des effecteurs connectés et de l’Air Combat Cloud formera le noyau du SCAF. Dans ce SCAF, non seulement les composants du NGWS, mais aussi d’autres plateformes telles que l’Eurofighter, l’avion de transport A400M, l’Eurodrone, les satellites et les hélicoptères seront interconnectés afin d’échanger des informations et d’ intégrer leurs capacités dans le système de systèmes », rappellent les organisateurs du salon.

Et d’ajouter : « Pour y parvenir, ces ‘systèmes existants’ doivent également faire l’objet de développements supplémentaires afin de les préparer à leurs nouveaux rôles au sein du SCAF […] dont les premières fonctionnalités pourraient être mises à la disposition de la Bundeswehr avant 2040. Vous découvrirez comment l’industrie allemande répondra aux défis d’un système de combat aérien du futur à l’ILA 2022 ».

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