des responsables locaux témoignent des pressions subies

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Les auditions publiques de la commission sur l’attaque contre le capitole le 6 janvier 2021 aux États-Unis se poursuivent. Mardi 21 juin, les membres de la commission se sont attachés à montrer les pressions subies au niveau local pour changer le résultat de l’élection présidentielle de 2020.

De notre correspondant à Washington,

Après avoir cherché à annuler que Donald Trump n’a cessé de parler d’élection volée alors qu’il savait que c’était faux, après les pressions sur le vice-président Mike Pence pour qu’il ne certifie pas les résultats de l ‘élection le 6 janvier 2021, les membres de la commission se sont vus aux pressions subies au niveau des responsables locaux, dans les États fédérés.

Intimidations en Arizona

Cette audition a été marquée par des témoignages particulièrement forts. Comme à leur habitude, les neuf membres de la commission, sept démocrates et deux républicains, ont interrogé des responsables républicains. Le premier d’entre eux s’appelle Rusty Bowers et il se définit comme un conservateur conservateur. En novembre 2020, il souhaitait donc la victoire de Donald Trump à l’élection présidentielle. Il est aussi président de la chambre des représentants de l’Arizona. Un État remporté par Joe Biden. Peu après l’élection, il a reçu un coup de fil de Rudy Giuliani, l’avocat de Donald Trump. Coup de fil auquel a participé le président lui-même. Les deux hommes disaient à Rusty Bowers que dans son État, des sans-papiers et des morts avaient voté par milliers et qu’il ne fallait donc pas certifier le résultat.

À plusieurs reprises, Rusty Bowers a demandé des preuves qui ne sont jamais venues. Au cours d’une rencontre, Rudy Giuliani lui a finalement dit qu’il avait beaucoup de théories, mais pas de preuves. Il lui a même été demandé de ne pas valider les résultats. Il a refusé, pour ne pas aller contre son serment, de défendre la Constitution. Il a alors été l’objet de menaces, de même que sa famille. Devant chez lui, une affiche l’accusait de pédophilie. C’est l’un des thèmes de prédilection des complotistes. Il a même identifié des hommes armés discutant avec ses voisins.

Des menaces de mort en Géorgie

En Géorgie, même scénario, ou à peu près. Donald Trump passe un coup de fil au secrétaire d’État de Géorgie, Brad Raffensperger, encore un républicain. Il témoignait, lui aussi, ce mardi 21 juin. Le président lui demandait de trouver un peu moins de 12 000 voix, juste de quoi faire basculer le résultat. Là encore, il y a eu des menaces qui sont allées jusqu’aux agents qui organisaient le contrôle sur le terrain. C’est là qu’il y a encore eu des témoignages forts.

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Au cours de cet échange, Donald Trump a parlé à 18 reprises d’agents électoraux qui seraient trichés en faveur de Joe Biden pendant le décompte, affirmation encore une fois fausse. Le problème, c’est que ce coup de fil est devenu public. Une mère et sa fille qui ont participé à l’organisation du vote ont alors été harcelées sur leurs réseaux sociaux avec menaces de mort et insultes racistes. Quelqu’un a dit à la fille qu’elle avait de la chance que tout cela se passe en 2020 et non en 1920.

À cette époque, le lynchage était couramment pratiqué en Géorgie. La mère a dû quitter son domicile pendant deux mois pour des raisons de sécurité à la demande de la police fédérale. Encore aujourd’hui, les deux femmes n’osent pas sortir ou dire leur nom à qui que ce soit.

Après les pressions sur le vice-président, sur les responsables locaux et les agents électoraux, la commission prévoit ce jeudi 23 juin de parler des pressions adoptées par Donald Trump et son entourage sur le ministère de la Justice.

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