Donald Trump a fait pression sur le ministère de la Justice

La commission parlementaire en charge de l’enquête sur l’assaut du Capitole a examiné, jeudi, comment Donald Trump avait fait pression sur le ministère de la Justice pour que ce dernier déclaré définitivement que l’élection présidentielle de 2020 avait été truquée.

La commission d’enquête parlementaire sur l’assaut du Capitole s’est attaquée jeudi 23 juin aux tentatives “éhontées” de Donald Trump de pousser le ministère de la Justice à soutenir ses fausses allégations de fraude électorale autour de la présidentielle remportée par Joe Biden.

Au cours de cette cinquième audition publique, les neuf élus – sept démocrates et deux républicains répudiés par leur parti – ont détaillé les pressions contenues par Donald Trump sur le ministère pour que ce dernier déclare reconnue que l’élection avait été truquée et pour qu’ il lance des poursuites fédérales parallèles à celles engendrées par les avocats du président.

“Donald Trump ne voulait pas simplement que le ministère de la Justice enquête. Il voulait que le ministère de la Justice l’aide à légitimer ses mensonges et déclare sans fondement que l’élection était truquée”, a noté le président de la Commission, Bennie Thompson.

“Tentative éhontée”

Les élus sont revenus sur les tensions au sein du ministère les jours précédant le 6 janvier 2021, lorsque le président battu avait été confronté à une révolte interne tandis qu’il tentait d’installer un de ses proches à la tête de l’institution. “C’était une tentative éhontée d’utiliser le ministère de la Justice pour faire progresser les intérêts politiques personnels du président”, a ajouté Bennie Thompson.

L’ancien ministre de la Justice par intérim Jeffrey Rosen a raconté s’être trouvé sous une pression intense imposée par Donald Trump, qui l’a contacté presque quotidiennement entre le 31 décembre et le 3 janvier. “À un moment, il a proposé de nommer un procureur spécial chargé des fraudes électorales. À plusieurs reprises, il m’a demandé de rencontrer son avocat personnel (Rudy) Giuliani”, a raconté Jeffrey Rosen.

L’ancien ministre adjoint par intérim, Richard Donoghue, a témoigné pour sa part avoir dit à de nombreuses reprises à l’ancien président américain que ses accusations de fraude électorale étaient infondées.

Donald Trump a simplement gagné l’élection présidentielle. “Le président a dit : ‘Dites juste que l’élection était truquée et laissez le reste entre mes mains et celles des élus républicains’, a raconté Richard Donoghue, en se basant sur ses notes prises lors d’une conversation téléphonique avec Donald Trump et l’ex-ministre par intérim Jeffrey Rosen.

Voyant que les plus hauts responsables du ministère de la Justice refusaient de pincer, le président battu a tenté d’installer un de ses proches à la tête de l’institution. Jeffrey Clark, un fonctionnaire de rang intermédiaire ayant adopté les théories poussées par le président sur une élection truquée, devait annuler les conclusions du ministère – qui n’avait trouvé aucune preuve de fraude ayant pu changer l’issue du scrutin de novembre.

“Des âneries”

Jeffrey Clark devait aussi intervenir au nom du ministère pour refuser de certifier le résultat de l’élection dans l’État clé de Géorgie, où Joe Biden l’avait emporté avec seulement 12 000 voix d’avance. Mais Jeffrey Rosen, Richard Donoghue,Steven Engel, un haut responsable du ministère, et Pat Cipollone, avocat de la Maison Blanche, ont menacé de démissionner lors d’une réunion avec Donald Trump le 3 janvier, avertissant qu’ils entraîneraient avec eux les meilleurs procureurs fédéraux à travers le pays.

“J’ai fait remarquer que Jeff Clark n’avait pas les compétences suffisantes pour devenir ministre de la Justice. Il n’a jamais plaidé dans une affaire criminelle. Il n’a jamais mené d’enquête criminelle de sa vie”, a raconte Richard Donoghue.

La commission d’enquête a annoncé mercredi que deux sessions supplémentaires auraient lieu en juillet. Le Congrès interrompt ses travaux le 4 juillet pour deux semaines. “La commission continue à recevoir de nouvelles preuves qui sont importantes pour l’enquête”, a expliqué une source parlementaire. Elle souhaite notamment visionner des heures de film du documentariste Alex Holder, qui avait eu accès à Donald Trump et ses proches avant et après le 6 janvier.

Avec AFP

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