Femme de chambre, boxeur, policier, chauffeur livreur… ces métiers qui seront représentés à l’Assemblée

Parmi les 577 députés élus à l’Assemblée, certains occupent un métier qui n’avaient jamais été représentés dans l’hémicycle.

302 des 577 députés élus à l’Assemblée n’occupaient pas de siège lors de la précédente législature, un renouvellement aussi important qu’en 2017, quand près de trois quarts des élus étaient des nouveaux députés.

En 2017, près d’une cinquantaine d’élus étaient fonctionnaires de catégorie A, soit les personnels d’encadrement, de conception, de direction, les hauts fonctionnaires et les enseignants. Les deux autres métiers les plus fréquents étaient alors avocat et médecin. Plus de 17 % des députés élus en 2017 ont exercé l’une de ces trois professions.

En 2022, ce sont les cadres de la fonction publique (75 députés), devant les cadres administratifs et commerciaux d’entreprise (66) et les professions libérales (58), qui restent les plus représentés. Mais des métiers très différents font également leur entrée à l’Assemblée, essentiellement du côté de la Nupes et du Rassemblement national.

Des députés issus de la CGT

Cas le plus médiatisé, celui de la députée du Val-de-Marne Rachel Kéké, femme de chambre qui a mené une grève de 22 mois à l’Ibis Batignolles et a fini par obtenir une augmentation de salaire et de meilleures conditions de travail, avec la CGT. Celle qui réclame le besoin à l’assemblée “de personnes qui vivent sur le terrain, dans des métiers invisibles” ne sera pas seule issue du syndicat à entrer à l’Assemblée.

Andy Kerbrat, député LFI de Loire-Atlantique, âgé de 31 ans, a été délégué syndical CGT pendant quatre ans, avant de s’investir en politique. Télé-conseiller sur une plateforme d’assistance automobile et militante LGBT, il entre à l’Assemblée. Ancienne syndicaliste à la CGT lorsqu’elle était factrice, Martine Etienne, désormais à la retraite, est députée insoumise de Meurthe-et-Moselle.

Également issue des institutions représentatives du personnel, Ségolène Amiot, députée LFI de Loire-Atlantique est télé-opératrice dans les assurances et membre du CHSCT. Une mission “compliquée quand les lois sont faites pour les employeurs”.

Des députés agent de nettoyage et de ménage

Rachel Kéké ne sera pas la seule représentante de son secteur d’activité. Lisette Pollet, 54 ans, a été salariée d’Élior puis de Sodexo. Elle était cheffe d’équipe de ménage dans un lycée privé, jusqu’à son élection. Élue dans la 2e circonscription de la Drôme, elle fait parti des 89 députés du Rassemblement national.

Katiana Levavasseur, 52 ans, agente de maintenance et de nettoyage dans un supermarché, fait également partie des 89 élus du RN. Élue dans l’Eure, elle veut défendre “l’emploi des petites mains de France, qui comme (elle) se lève de bonne heure le matin”.

Les soignants représentés

La députée LFI Caroline Fiat, aide soignante en Ehpad durant sept ans, ne sera plus la seule représentante du secteur à l’Assemblée. A l’opposée sur les bancs de l’hémicycle, elle croisera Christine Loire, auxiliaire de vie de 45 ans et mère de trois enfants, députée de l’Eure. Elle reconnaît qu’elle n’est pas “un personnage politique de métier, mais sensible aux problématiques qui contrarient la vie des gens”. Elle est élue dans l’ancienne circonscription de Jean-Louis Debré et de Bruno Le Maire.

À 46 ans, Serge Muller est député de Dordogne pour le RN. Il explique être entré en politique presque par hasard, son père était grutier-docker à Toulon et sa mère vendeuse puis mère au foyer. “Nous ce que nous suggérons c’est de l’honnêteté, de la bienveillance ; on va essayer de faire le maximum pour tenir nos promesses !”, explique-t-il à France 3.

Le monde agricole à l’Assemblée

Les agriculteurs seront également représentés à l’Assemblée avec Grégoire de Fournas, député RN de Gironde et viticulteur, à la tête, avec son père, du château Vieux Cassan. Ses convictions idéologiques : souveraineté nationale, arrêt de l’immigration en France, défense des valeurs familiales traditionnelles et de la chasse, et opposition farouche aux éoliennes, rapport Sud-Ouest.

On retrouve aussi Eric Martineau, producteur de pommes et député de la Sarthe pour le Modem. Ce fils d’agriculteurs a repris la ferme familiale créée à la fin du XIXe siècle, qu’il a dit avoir transformée en “une production écoresponsable et bio, avec des circuits courts” et en ferme “agriculturelle”.

Des ouvriers à l’Assemblée

Ouvrier qualifié dans l’aéronautique, Laurent Alexandre est désormais député de l’Aveyron pour la Nupes. Ses dossiers prioritaires : “la fermeture des lits en Ehpad à Villefranche-de-Rouergue (…) ou encore des services publics absents de notre circonscription, des déserts médicaux…”, explique-t-il à Centre Presse.

Sous la même étiquette, Mathilde Hignet, ouvrière agricole bio de 29 ans devient députée d’Ille-et-Vilaine. Elle travaille dans la ferme de ses parents, “pionniers de l’agriculture bio”, qui produit cidre, jus de pommes, céréales et pommes de terre. Titulaire d’un diplôme de commis de cuisine, elle a également travaillé dans l’Ehpad de sa commune.

Des députés issus de l’enseignement

Plusieurs députés sont issus du monde de l’enseignement. Marianne Maximi, éducatrice spécialisée et députée Nupes du Puy-de-Dôme exerce son métier dans la fonction publique auprès d’enfants placés. Anna Pic, CPE à Cherbourg après avoir été surveillante dans un collège pendant sept ans, devient députée de la Manche pour la Nupes.

Hubert Ott, professeur de SVT est désormais député du Haut-Rhin pour Renaissance. À 57 ans, ce passionné d’écologie a créé, il y a plus de trente ans, l’association Rouffach Incitation Nature, présentée comme pionnière dans la protection de l’environnement dans la région.

Ancienne accompagnatrice d’élèves en situation de handicap et désormais secrétaire dans un cabinet d’avocats, Murielle Lepvraud est députée Nupes des Côtes-d’Armor à 46 ans, après un premier échec en 2017. Sa priorité, “la défense des services publics “.

Un pompier et un policier à l’Assemblée

Les métiers dédiés à la protection des personnes seront également représentés à l’Assemblée. Didier Lemaire, pompier professionnel est désormais député du Haut-Rhin sous la bannière de la majorité présidentielle. Il souhaite s’investir en priorité sur les questions de santé, de sécurité et de jeunesse et d’éducation.

Du côté du RN, c’est un policier, ancien boxeur professionnel, qui devient député. Antoine Villedieu, 32 ans, est député de la Haute-Saône. À sa retraite sportive, ce petit fils d’un maire socialiste devient fonctionnaire de police à Besançon et porte-parole nationale de la Fédération professionnelle indépendante de la police (FPIP), un syndicat proche de l’extrême droite. Son engagement politique débute aux municipales de 2020 quand il est élu conseiller municipal sur la liste du maire de Vesoul Alain Chrétien (Horizons). Il démissionne six jours après son installation et devient, dans la foulée, délégué départemental du RN.

Des chauffeurs élus députés

Parmi les profils qui détonnent, celui de Jorys Bovet, élu RN dans l’Allier à seulement 29 ans. Ce chauffeur-livreur, qui travaille depuis ses 16 ans, veut lutter contre la pauvreté et la désindustrialisation qui touche notamment son territoire confronté à un taux de pauvreté extrêmement élevé. “Je connais la vie de monsieur et madame Tout-le-monde. Et je vois que depuis plusieurs années, le pouvoir d’achat se détériore”, précise-t-il à La Montagne.

Toujours dans le transport, mais de personnes cette fois, Sébastien Delogu député LFI de Marseille de 35 ans et chauffeur de taxi, lui-même fils d’un chauffeur de taxi. Il commence à travailler à 18 ans comme vendeur de prêt-à-porter et agent de sécurité mais se fait connaître en 2016 quand il se bat contre “l’ubérisation” de l’activité de taxi. Proche de Jean-Luc Mélenchon, il veut comme Rachel Kéké “porter la voix des invisibles, des oubliés”, explique-t-il à Radio Sud.

Un matelot, une mère au foyer, un ancien bodybuilder députés RN

Pierrick Berteloot, matelot de 23 ans et employé d’une compagnie de ferries est désormais député du Nord. Son engagement, explique-t-il, remonte à 2013, alors qu’il est au lycée professionnel maritime de Boulogne-sur-Mer. Il y est victime d'”harcèlement” en raison d’un “surpoids” et de son “homosexualité”. Un moment qu’il qualifie d'”accélérateur” de son engagement politique, qu’il concrétise en étant d’abord conseiller municipal et conseiller régional.

Dans l’Aube, Angélique Ranc, ex-conseillère clientèle et mère au foyer, est élue députée à 34 ans. Conseillère régionale du Grand Est, elle explique que son engagement en politique a démarré après avoir été “contaminée” à la politique par son mari militant au RN, “à force de regarder et d’écouter les vidéos de Jean-Marie Le Pen”, rapport l’Express.

Le RN porte aussi à l’Assemblée José Beaurain 50 ans, accordeur de piano non-voyant et vice-champion de France de musculation, élu dans l’Aisne. Avec cette élection, José Beaurain explique avoir la “sensation de donner un sens à sa vie”. Il affirme avoir été séduit par “l’accueil et la bienveillance” trouvés au FN. “Les personnes réellement racistes que j’ai rencontrées n’étaient pas au RN”, ajoute-t-il.

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