Finalement, l’usine Stellantis de Douvrin ne s’applique pas au moteur EB Gen 3

Au cours d’une réunion du comité social et économique (CSE) qui a eu lieu ce jeudi matin, le plan d’activité de l’usine Stellantis de Douvrin a été présenté pour les trois années qui viennent. Surprise, le moteur EB Gen 3 annonce l’an dernier ne sera finalement pas attribué au site douvrinois. Seule la génération actuelle subsistera dans les ateliers à terme.



Temps de lecture :
3 minutes


La vitesse à laquelle les mutations se succèdent dans l’industrie automobile a des répercussions sur les sites industriels. L’usine de moteurs Stellantis de Douvrin, née en 1970, est condamnée, en raison du choix des pouvoirs publics d’interdire à terme la vente de véhicules thermiques (dès 2035 en Europe) au profit des électriques.

Stellantis et Automotive Cells Company, qui a construit une Gigafactory de batteries pour voitures électriques juste à côté, se sont entendus pour créer des passerelles d’une société à l’autre. Quelques mois, la stratégie de Stellantis est d’ajuster la charge de travail de l’usine de Douvrin pour « synchroniser » la baisse des volumes de moteurs thermiques et la montée en puissance de la future Gigafactory, à partir de 2023.

Le plan de Stellantis suit son cours… avec quelques soubresauts. Fin février 2021, le groupe confirmait que le successeur du moteur EP, à l’époque uniquement produit à Douvrin, serait fabriqué à l’avenir en Hongrie. Un choc auquel un succès une importante mobilisation. Au même moment, Stellantis devait décider si oui ou non il allait attribuer à Douvrin, en 2023, une partie de la fabrication du moteur EB Gen 3, successeur du petit trois-cylindres essence déjà produit sur place. La bonne nouvelle tombait quelques jours plus tard, mi-avril. C’était oui. Un peu plus d’un an plus tard, c’est finalement non.


« Libérer les compétences »

Le revirement a été annoncé ce jeudi matin, au cours d’une réunion de comité social et économique (CSE), où a été présenté le plan d’activité pour les années 2023 à 2025. L’arrêt de production du moteur DV-R est repoussé à juillet 2023. « On a été plus précis sur la façon dont on voulait arrêter nos lignes d’usinage du DV-R, de manière à libérer des compétences pour ACC », souligne Olivier Roffidal, le directeur du site. C’était aussi prévu : la fin du moteur EP à Douvrin, c’est pour fin 2024. Là encore, des précisions ont été données sur les modalités d’arrêt des lignes. « L’objectif : trouver une solution pour chacun des salariés », selon Olivier Roffidal.

Reste le cas du moteur EB. Son évolution Gen 3, ne sera donc pas produit à Douvrin. « Stellantis a annoncé ne plus vendre de voitures particulières avec un moteur thermique en Europe en 2030, et la Commission européenne a annoncé l’interdiction de vente de véhicules thermiques en 2035. Tout ça accélère le mouvement côté véhicule électrique et la décroissance du thermique », justifie Olivier Roffidal. Conséquence : « On poursuit la production du moteur EB Gen 2 en ajoutant une référence fabriquée en Pologne, permettant de régler notre volume pour satisfaire les besoins d’ACC. » Autrement dit, en 2025, seule la famille de moteurs EB Gen 2, vieillissante et sur le déclin, sera fabriquée à Douvrin, pour un volume présenté à 200 000 unités cette année-là, contre 575 000 moteurs produits, toutes familles confondues, en 2021.

Les réactions des organisations syndicales à suivre dans une prochaine édition.





Lire aussi

Automobile : 270 emplois créés à Ruitz

Bigot Matériaux à Étaples face à la flambée des prix

Bully-les-Mines : l’assureur a créé une agence dans le métavers



Poursuivez votre lecture sur ce(s) sujet(s) :

Économie et finances Industrie automobile Automobile Douvrin (62138, Pas-de-Calais) Commission européenne

Ouvrir La Voix ..
IL faut dans ce sens réfléchir à la TVA l’impôt le plus inégalitaire… En ce qui concerne les producteurs, il faut effectivement les payer au jus Lire plus

Be the first to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published.


*